mercredi 23 mai 2012

J.B.VUILLAUME et la microphoto - René DAGRON

Jean-Baptiste VUILLAUME, luthier, archetier, marchand, éditeur, découvreur de talents, savait saisir toute bonne opportunité pour développer sa notoriété. Il n'hésita pas, par exemple, à insérer sa propre image dans certaines hausses d'archet selon un procédé mis au point, pour les besoins de l'armée, par un français du nom de René DAGRON.

René DAGRON est né en 1819 à Beauvoir, devenu Aillières-Beauvoir depuis. Il part s'installer à Paris et en profite pour étudier la physique et la chimie. Il invente un microscope et travaille sur la mise au point de photos microscopiques selon le procédé de la lentille de Stanhope et du travail de l'anglais John Benjamin DANCER. Il présente ses inventions à l'exposition de 1867, en particulier une photo microscopique d'un millimètre de côté sur laquelle est "gravée" le portrait des 450 députés de l'époque.

Son procédé est d'abord utilisé pour la décoration de bijoux.

Lors du siège de Paris pendant la guerre de 1870, la capitale est coupée du reste de la France et en particulier de Tours où se retranche le gouvernement provisoire. Dès le 18 septembre 1870, la capitale est encerclée par les Prussiens. Pour communiquer, Nadar constitue dans l'urgence une compagnie de ballons. Il envoie, dès le 23, un premier ballon qui quitte Montmartre en transportant 125 kg de dépèches.

Pendant les cinq mois du siège, 64 ballons quittèrent Paris. Il était possible de faire sortir des ballons de Paris, mais au gré du vent, les faire revenir dans la ville était impossible. Nadar repensa à René Dagron qu'il avait vu à l'exposition de 1867. Aussitôt, DAGRON fut emmené hors de Paris par ballon pour perfectionner son procédé photographique. Sur une pellicule de collodion de quinze centimètres carrés, ultra légère, il réussit à faire tenir 3 000 dépèches. Les pellicules ainsi constituées étaient ensuite acheminées vers Paris par pigeons voyageurs. A l'arrivée, les volatiles étaient libérés de leur précieux fardeau et les pellicules projetées sur un agrandisseur, recopiées et distribuées. Sur 355 pigeons partis de Paris en ballon, seulement 57 rentrèrent à leur colombier. Mais il transportèrent au total un million et demi de dépèches, le record étant détenu par un pigeon qui transporta 18 pellicules soit 54 000 dépèches. La carrière des micro-films venait de commencer.

A consulter : étude de Sébastien Schlup - 2002


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