mercredi 25 juillet 2012

Jean-Baptiste CARTIER, mentor de François Xavier TOURTE

Il existe parfois des personnages de l'histoire de la musique que l'on fait disparaître volontairement ou involontairement. Jean-Baptiste CARTIER, violoniste, est de ceux qui auront influencé musiciens, luthiers et archetiers...

" Jean- Baptiste CARTIER est né à Avignon le 28 mai 1765 (et non le 16 octobre 1767, comme on le dit dans quelques biographies), et est décédé en mai  1840, aux Aygalades, près de Marseille.

Il reçut les premières leçons de musique de l'abbé Walraef, chanoine hebdomadier de l'église de St Pierre d' Avignon, alla à Paris en 1783, fut l'élève de VIOTTI, et fut choisi peu de temps après par la reine Marie-Antoinette pour violoniste accompagnateur, emploi qu'il conserva jusqu'au commencement de la révolution du 18e siècle. Entré à l'Opéra en 1791, il y devint adjoint du premier violon, exécuta souvent les solos et obtint sa pension de retraite après 30 ans de service. PAISIELLO l'avait fait admettre, en 1804, dans la chapelle de Napoléon. A la Restauration, il fut compris dans la composition de la chapelle du roi et en a fait partie jusqu'aux événements de juillet 1830. Depuis lors il s'est borné à enseigner le violon dans des collèges et des pensionnats de la capitale. Il n'a jamais été attaché, en qualité de professeur, au conservatoire de musique de Paris ; néanmoins il s'est distingué dans son art par la précision et la pureté de son jeu, et a contribué à la formation des élèves de cette école par plusieurs ouvrages classiques pour son instrument favori.

C'est à lui qu'on doit les éditions françaises des chefs-d'œuvre de Corelli, de Pugnani, de Nardini et de Tartini ; la tradition des belles écoles italiennes de violon était presqu'inconnue en France avant ces publications. L'ouvrage où CARTIER a rassemblé les documents les plus précieux sur cette matière, a pour titre : "L'art du violon, ou collection choisie dans les sonates des trois écoles italienne, française et allemande ", Paris, 1798, in-folio. La 2e édition est intitulée: "L'art du violon, ou division des écoles servant de complément à la méthode de violon du conservatoire." Paris, 1801, in-folio.


CARTIER s'était occupé, pendant plus de 30 ans, d'une histoire du violon, qu'il a rédigée avec étendue et qui contient de profondes et curieuses recherches. Elle est restée inédite, faute de souscriptions suffisantes. Il y prouve que le violon est d'origine gauloise ou française. Il en a détaché une Dissertation sur le violon qui a été insérée dans la Revue musicale (t. 3, p. 103-108).

Il est beaucoup parlé de CARTIER dans une brochure in-8° de 69 pages, intitulée : "PAGANINI et BERIOT ou avis aux jeunes artistes qui se destinent à l'enseignement du violon", par Fr. Fayolle. Paris, 1831. Cet ouvrage est destiné à prouver que PAGANINI s'est écarté de la vraie route de l'art et qu'il n'a rien trouvé de neuf dans cette partie, n'ayant formé son talent prestigieux que sur les documents rejetés par les grands maîtres : l'auteur oppose aux écarts de ce virtuose italien les sages préceptes de J.-B. CARTIER, et nous apprend (p. 23-25) de quelle manière celui-ci a trouvé et démontré, par ses propres expériences, le phénomène du 3e son, découvert, il est vrai, par TARTINI dès 1714, mais sur lequel CARTIER avait vainement interrogé PAGIN (élève de TARTINI) et LA HOUSSAYE (élève de TARTINI). Ce phénomène est un effet acoustique de la 17e, qu'on ne peut produire que sur un violon parfaitement d'accord.

Jean-Baptiste CARTIER possédait un cabinet très curieux où, entre autres objets d'archéologie musicale, l'on voyait une collection de violons des plus célèbres facteurs, qui avaient appartenu à d'illustres personnages, notamment à quelques-uns de nos rois (16e siècle)."

(d’après le Dictionnaire historique, biographique et bibliographique du Département de Vaucluse, Volume 1 de Casimir François Henri Barjavel - 1841)

Jean-Baptiste CARTIER habitait Rue Mazarine à PARIS, à quelques dizaines de mètres de François Xavier TOURTE (Rue Dauphine). L'éditeur de partitions de CARTIER était DECOMBE, également marchand de musique, au dessus duquel TOURTE avait son atelier et chez qui étaient exposés ses archets...

Conférence de rue "Archetier d'un jour" - Sandrine RAFFIN
Tel 01.43.87.77.54

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