mercredi 11 juillet 2012

Luthier et archetier : histoire du catalogue

Bien avant Internet et ses différents supports (ordinateur, tablette, smartphone) bien avant radio, cinéma et télévision  existait une communication commerciale sans concurrence possible : le catalogue papier.

Aristide Boucicaut, le fondateur du Bon Marché, en publiant son premier catalogue en 1865, reprend à son compte une formule qui a déjà fait ses preuves chez d'autres commerçants et, plus particulièrement, chez le Petit Saint Thomas, rue du Bac à Paris.
L'utilisation du catalogue comme outil de promotion est une pratique commerciale courante et très ancienne. Depuis le XVIIe siècle, elle s'appliquait à toutes sortes de marchandises : livres, plantes, instruments de musique, outils variés, remèdes, tissus, châles… Les imprimeurs, pour vendre leurs livres, ont été les premiers éditeurs de ce support. Dès la fin du XVe siècle, ils dressent des listes d'ouvrages disponibles et les distribuent dans les foires et marchés.

Au XVIIe siècle, les prospectus à souscription apparaissent à l'initiative des imprimeurs-libraires. La vente par correspondance est née. Les autres commerçants s'empressent alors de les imiter...

À la révolution, le privilège de la distribution, détenu par la corporation des merciers, est aboli. En 1870, le catalogue du Printemps est édité en 12 langues, dont l'arabe, et comporte 144 pages.

De grandes maisons de la lutherie et de l'archèterie n'hésiteront pas à éditer, pour leur propre communication destinée aux marchands et aux musiciens, des catalogues devenus aujourd'hui des documents extrêmement recherchés.

Le catalogue de la Maison Bazin est édité par l'un des meilleurs imprimeurs lorrain: Etablissement Royer et Cie
Venant des Vosges, Jules Royer rachète une petite imprimerie nancéienne qui emploie trois ouvriers en 1868.
Rapidement, il fait croître son activité et la diversifie en 1886 grâce à l'un de ses employés, Albert Bergeret, qui connaît les secrets de la phototypie, procédé d'imprimerie révolutionnaire, et qui verra un peu plus tard en la carte-vue (carte
postale), un marché d'avenir. Ce dernier finira d'ailleurs par créer sa propre société en 1898.


Pour faire face à la croissance de sa société, Jules Royer décide de construire un nouvel atelier non loin du précédent :
proche du courant Art Nouveau, il fera alors appel à Lucien Weissenburger qui concevra un bâtiment à structure
metallique, permettant la mise en place d'immenses verrières. La structure metallique reste partiellement visible en façade qui mêle harmonieusement l'acier riveté, la pierre et la brique. C'est Ernest Bussière qui concevra les sculptures de l'enfant assis dessinant sur une pierre lithographique et de l'enfant debout actionnant une presse à bras.
 


(Pour info : l'imprimerie Royer déménagera en 1988 dans la zone industrielle de Fléville devant Nancy - 54)

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