mercredi 12 septembre 2012

Le bois : histoire d'un trafic international...


On apprend aujourd'hui le décès d'un journaliste cambodgien dénonçant un trafic de bois dans son pays et de ses conséquences géo-politiques.

L'histoire du Monde démontre que ce trafic du bois - et des privilèges qui y sont liés - existe depuis toujours et peut parfois toucher le petit univers de la lutherie et de l'archèterie...

Dans le Dictionnaire Universel de Commerce d'Histoire Naturelle et des Arts et des Métiers - Tome 5 - de Jacques Savary des Brûlons, Philémon-Louis Savary (1765), on y explique l'étendue du commerce du bois instauré avec l'Inde, la Chine et le Japon, par les Hollandais et copié par les Portugais. On y découvre les subtilités commerciales pour convaincre un pays asiatique à partager ses richesses...

Le Brésil ne sera pas épargné par ce trafic. On sait, par André THEVET, explorateur et écrivain géographe né en 1516, que des marins normands venaient sur le littoral brésilien se procurer le bois rouge, pernambouc (pau brasil en portugais), dont est tiré une teinture rouge très prisée à l'époque. Mais ce bois était souvent mélangé avec le bois de SAPPAN ou bois de LAMON ou bois du JAPPON (JAPON) ou bois de SAINTE-MARTHE ou bois des ILES ANTILLES (Lignum sappan - Caesalpinia caule aculeato) importés par les Portugais... "Ce bois appartient à un arbre du même genre que celui qui donne le bois de Brésil de Fernambouc. Il est pareillement de la décandrie monogynie de Linneus.


Toutes ces espèces de bois de teinture ne diffèrent les uns des autres que par les noms des pays d’où ils viennent ; leurs propriétés sont les mêmes ; elles sont un peu inférieures à celles du bois de Brésil." (Nicolas LEMERY - 1807).
 
Source Gallica / BNF
L'histoire du Brésil est lié à ce commerce du bois. En 1493, le pape Alexandre VI attribue à partir d'une ligne imaginaire nord-sud à 100 lieues à l'ouest des îles du Cap-Vert, les terres en deçà aux Portugais, au-delà aux Espagnols. Dès le 26 janvier 1500, le navigateur espagnol Vicente Yáñez Pinzón touche terre sur un site près de l'actuelle Recife, et remonte la côte vers le nord jusqu'à l'embouchure du fleuve Orénoque, mais conformément au traité de Tordesillas, tous ses territoires furent attribués au Portugal sans revendication de l'Espagne. En 1503, des marins français de Dieppe et de Honfleur, puis peut-être le Malouin Jacques Cartier, se rendent sur les côtes du nouveau territoire portugais dans l'espoir de faire commerce du bois Brésil (ou bois de Pernambouc), tout en bravant les navires de guerre portugais qui croisent dans les parages. Ils occupent un petit îlot près du Pernambouc, l'actuelle Recife, et certains d'entre eux, les truchements, restent sur place et s'installent le long des côtes, se mélangeant aux indigènes. En 1530, le bois Brésil ne suffisant plus à assurer le développement économique du nouveau territoire, le roi Jean III de Portugal (João III) le confie à de grands seigneurs (les donataires) qui accordent de vastes domaines à des colons, à charge pour eux d'y faire cultiver la canne à sucre. (Source Wikipédia).
 
Il ne suffira pas d'un article ici pour dénoncer six siècles de trafic international du bois mais il n'est pas ininteressant de comprendre les tenants et les aboutissants de ce qui en résulte...


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