vendredi 12 octobre 2012

Origine de l'archet dans la mythologie

Tiré du roman "Le Violoniste" de Paolo MAURENSIG (Feux Croisés - PLON)

"On raconte, au sujet de l'origine des instruments à cordes, que la déesse Parvati, épouse de Shiva, s'apitoyant sur le destin qui attendait l'homme au cours de son aventure terrestre, décida de le munir d'un objet qui le protégerait des démons et lui permettrait de retrouver sur terre, chaque fois qu'il le désirerait, le monde des dieux. Mais Shiva, jaloux de tant d'attentions, détruisit d'un seul coup ce présent. Les fragments retombèrent dans les mers et les forêts, donnant naissance aux coquillages et aux tortues, s'imprimant dans le bois des arbres, se posant même sur les reins des femmes.
L'homme ne reçut que l'archet, qui servit d'arme à des générations et constitua la première corde vibrante de l'histoire. Ce n'est qu'au bout de nombreuses ères qu'il parvint à construire, au moyen d'une carapace de tortue, un luth dont il fallait encore pincer les cordes. Enfin, à l'approche de la dernière - et terrible - ère il comprit qu'il pouvait utiliser son arc pour les faire vibrer et imiter ainsi le son qui avait engendré le monde, le souffle dispensé par le mouvement des vêtements de Shiva, le dieu dansant qui règne et maintient l'ordre de l'univers."


L’histoire de l'archet reste, sur bien des points, mystérieuse…

On connaît l’usage des instruments à cordes depuis les temps les plus anciens. Les cordes étaient alors pincées, comme pour la lyre.
 Il semble que c’est seulement au 10e siècle que le principe des cordes frottées par un archet a fait son apparition.

D’une manière fort curieuse, cette apparition se fit à peu près simultanément dans l’empire chinois, dans l’empire byzantin et dans le monde arabo-musulman.
Pour les Chinois, l’archet serait venu des "barbares de l’ouest", ce qui placerait les inventeurs de l’archet en Asie centrale ; d’ailleurs, les Chinois continuent d’appeler « huqin », soit « instruments à cordes barbares », leurs instruments à cordes frottées.

Dans le monde arabo-musulman, le premier instrument à cordes frottées était le "rebab", "rubab", "r’bab", qui avait été adopté dans le monde chrétien et est appelé en ancien français "rebec".
Dans l’île de Java, qui bénéficie d’une très ancienne tradition musicale, antérieure à la conquête arabo-musulmane, on continue, dans les orchestres de musique classique, à employer la vielle à deux cordes frottées, que l’on nomme également « rebab ».

Partout, l’archet était muni de crin de cheval. Certains avancent que l’archet est d’origine centre-asiatique, peut-être afghane...


(Source KULTURICA)

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