mercredi 21 novembre 2012

Evolution de l'archet en quatre portraits : BAILLEUX, GAVINIES, de SAINT GEORGES, KREUTZER

Antoine BAILLEUX, né entre 1720 et 1731 à Paris, est un violoniste et compositeur français. Maître de musique et de violon, il achète, en avril 1764, le fonds de commerce du magasin de musique "La Règle d'Or" au 16 rue St Honoré. De 1772 à 1778, il s'intitule "marchand de musique ordinaire de la Chambre et des Menus plaisirs du Roi".
Devenu rapidement l'un des plus importants marchands de musique de Paris (malgré son emprisonnement sous la Terreur), il va côtoyer les plus grands musiciens et publier les oeuvres de Vivaldi, Corelli, Carl Stamitz ou Boccherini.

Il publira en 63 volumes, réunissant 240 œuvres, un Journal d'ariettes des plus célèbres compositeurs (1779-1788) et rédigera une Méthode raisonnée pour apprendre à jouer du violon (Paris, 1798). Il décède à Paris entre 1798 et 1801. À sa mort, sa firme fut reprise par Erard.

Proche des luthiers et des faiseurs d'archets, il dispensera auprès de ceux-ci les attentes de ses clients

Pierre GAVINIES, né à Bordeaux le 11 mai 1728, est un violoniste et compositeur français. Fils du luthier François GAVINIES, il se fait déjà remarquer à l'âge de treize ans aux côtés de Joseph-Barnabé Saint-Sevin dit L'Abbé le Fils (1727-1803) dans un duo de Jean-Marie LECLAIR au Concert Spirituel. Au cours des années 1760, il connaît un succès sans précédent par ses compositions, ses concerts et comme professeur de violon. Il publie ses sonates, suivant la tradition ancienne, uniquement avec la basse chiffrée. Ses compositions représentent la transition stylistique du baroque tardif au classique.
Dans les années qui suivent la Révolution, à partir de 1795, il est nommé le 22 novembre, en compagnie de Pierre Rode, Pierre Baillot et Rodolphe Kreutzer, professeur de violon du Conservatoire nouvellement créé. Il est l'un des représentants les plus éminents de l'école française de violon au XVIIIe siècle. Il décède à Paris en septembre 1800


Les conseils de son luthier de père dans le choix de ses violons et archets et ceux de Giovanni Battista VIOTTI lui autorisent une réflexion sur la possible évolution des instruments.


Joseph BOULLONGNE (BOLOGNE) Chevalier de SAINT GEORGES, né aux Antilles (Baillif - Guadeloupe) le 25 décembre 1745 est un violoniste, compositeur, comédien, escrimeur et gendarme de la Garde du Roi. Arrivé à Paris en 1749, il étudie le violon avec, pour professeur, Jean-Marie LECLAIR et la composition auprès de François Joseph GOSSEC. En 1769, il devient violoniste de l'orchestre de ce dernier au Concert des Amateurs. En 1773, il en devient le directeur puis celui de la Société des Concerts de l'Olympique. Il compose, entre autre, des quatuors à cordes (douze) et deux symphonies. Sa carrière de musicien sera très contesté par un racisme primaire envers sa couleur de peau et par des rumeurs infondées sur ses relations privilégiées avec ces dames de la Cour.
Il décède à Paris en juin 1799.


Son hyperactivité franc-maçonnique lui fera côtoyer luthiers et fabricants d'archets avec qui il s'entretient sur les possibles changements de formes et de réglages des instruments.
Un excellent site lui est consacré : Le chevalier de Saint-Georges


Rodolphe KREUTZER, né le 16 novembre 1766 à Versailles, fils d'un musicien allemand membre de la Chapelle du roi, est un violoniste, pédagogue et compositeur. Elève d'Antoine STAMITZ pour le violon, il se fait remarquer au Concert Spirituel dés l'age de 13 ans en exécutant, avec une perfection rarissime, un concerto de sa composition. De ses voyage en Italie et en Allemagne, il revient s'installer à Paris avec une solide maîtrise de l'instrument qui le promeut au rang d'un des chefs de l'École de Paris.
Professeur de violon au Conservatoire de 1795 jusqu'en 1826, il est membre de la Commission des Sciences et Arts lors de la campagne d'Italie dans le sillage de Napoléon BONAPARTE. Il deviendra violoniste de l'Empereur.
Il décède à Genève (Suisse) en 1831. Son
cénotaphe est au cimetière du Père Lachaise à Paris (13e division).

Sa position de professeur du Conservatoire, de chef d'orchestre, de directeur de la musique à l'Opéra et sa notoriété européenne lui feront rencontrer les meilleurs luthiers et archetiers du moment. Il assistera ainsi à la naissance de l'archet "moderne" et sera parmi les premiers à en maîtriser la technique.

Au travers de ces quatre portraits sommaires, l'archet va être l'objet de toutes les attentions tant par l'étude du geste idéal que par la recherche de la conception parfaite de sa baguette. De la période baroque à la période classique, il va évoluer de musiciens en fabricants jusqu'à trouver sa forme définitive au début du 19e siècle...

A lire également : Jean-Baptiste CARTIER, mentor de François Xavier TOURTE

A consulter sur ce blog : l'archet des Lumières

(Sources : BNF-Gallica / Pierre François PINAUD / Pere Lachaise / Google Maps / documents personnels)

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