vendredi 2 novembre 2012

MAILLET et CHORIER : le maillechort et l'archet

C'est en 1819 que deux jeunes ouvriers lyonnais, MAILLET et CHORIER, vont mettre au point un nouvel alliage auquel ils vont donner leur nom : le maillechort.
Métaux argentés, parfois nommés argentan, les maillechorts sont des alliages ternaires composés de cuivre (+/- 65 %), de nickel (+/- 25 %) et de zinc (+/- 45 %). Certains maillechorts contiennent des additions de plomb destinées à améliorer leur usinabilité.

L'appellation "maillechort" est connu en Grande-Bretagne et aux USA sous le nom de "Nickel-Silver" et en Allemagne sous le nom de "Neu-silber".
En Europe la pièce de 1 EUR est constituée d'un centre « blanc » en cupronickel sur âme de nickel et d'une couronne « jaune » en maillechort. La pièce de 2 EUR est composé des mêmes alliages mais inversés.

Le maillechort utilisé en archèterie peut parfois servir de support à un traitement spécial appelé argenture.
L'argenture est le dépôt d'une couche d'argent sur un support quelconque. Son oxydation est importante et sa sulfuration forme une couche sombre à la surface du métal.


La formidable invention de MAILLET et CHORIER va très vite intéresser le monde de la facture instrumentale.
En 1829, quelques écrits font état de fabrication d'instruments de musique en maillechort (Corps du droit français par CM Galisset).
En 1833, un catalogue relate l'existence de cors fait de ce métal (Rapport à la Société Vaudoise d'utilité publique - Lausanne 1833).
En 1834, Jean Baptiste VUILLAUME adapte des hausses en maillechort sur ses archets à baguette en acier creux.
Il est clair que VUILLAUME va imposer à ses archetiers l'utilisation du maillechort, bien plus économique que l'argent.

A l' Exposition universelle de 1867, clarinettes, flûtes et autres bugles sont réalisés en partie avec cet alliage.
En cette fin du 19eme siècle (et ce début 20eme), les grands fabricants d'instruments de musique mirecurtiens (JTL, Laberte, etc) proposent, dans leurs catalogues, des archets "premier prix" montés de ce composé.
A partir de 1970, l'archèterie française va, petit à petit, abandonner l'utilisation du maillechort, trop peu "luxueux" pour une fabrication d'archet en facture artisanale unique.
L'argent et l'or sont de retour...


(Sources : Sylvette MILLIOT - BNF - luthiers-mirecourt.com - recherches personnelles)
 

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