mercredi 5 décembre 2012

Bois d'abeille : l'abandonné

Le bois d'abeille, de plus en plus abandonné en archèterie (voir complètement), est aussi connu sous les noms de Balata rouge, Balata franc, Balletrie ou Bolletrie (hollande).
On le retrouve ainsi décrit, en 1800, dans le
Dictionnaire raisonné universel d'Histoire Naturelle... (VALMONT-BOMARE - tome second) : "BALATAS. Arbre qui croît en Amérique et surtout dans la Guiane : on en distingue de plusieurs espèces..."

Connu depuis le XVIIe siècle en métropole française, le balata rouge - principale espèce retenue pour les archets - est un bois à grain fin et prend son nom figuré "d'Abeille" dès le XVIII° siècle par les ébénistes français.
Les ébénistes du 18° siècle ne pouvaient  mesurer le degré d'humidité du bois de manière précise. Ainsi, dans le doute, laissaient-ils le bois sécher le plus longtemps possible. Ces artisans s'aperçurent rapidement que, pour éviter qu'un bois ne "travaille" en fonction de l'hygrométrie environnante, il fallait apporter aux  meubles une certaine finition superficielle qui mettrait le matériau à l'abri des agents atmosphériques et limiterait le retrait de l'humidité.
Les produits les plus utilisés à cette époque étaient le sang de boeuf, l'huile de lin et la cire d'abeille... 

Dominique PECCATTE en "abeille"
Le balata, répertorié aujourd'hui sous le nom d'espèce "maçaranduba" est de la famille SAPOTACEAE. Son nom scientifique est : manilkara bidentata ou manilkara huberi. (CIRAD).

Il est connu sous le terme "bullet tree" ou "bullet wood" par les anglophones.

C'est un arbre pouvant atteindre 25 m de haut. Bois très dur et très lourd (densité 0.9 à 1.1), sa durabilité est excellente.

Principalement utilisé en archerie (arc) et en archèterie (archet)  avant la seconde guerre mondiale, son importation en masse sur le territoire français - en billes équarries -  s'éteint en 1939.

Dominique PECCATTE en "abeille"
Dans l'histoire des fabricants d'archets, de grands Maîtres, comme F.X TOURTE ou Dominique PECCATTE, ont utilisé ce bois aux qualités sonores appréciables. Malheureusement moins esthétique et moins prestigieux que le pernambouc, il est vite devenu le parent pauvre de l'archèterie pour devenir le matériau moyen de gamme (voir bas de gamme) des grands ateliers mirecurtiens du début 20eme siècle...



(Sources : CIRAD - L’OSTAU DEU MÒBLE BEARNÉS - Google livres - documents personnels)
  

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