mercredi 16 janvier 2013

Matériau d'archet : l'ivoire de mammouth

Le métier d'archetier nécessite une parfaite connaissance des matériaux et de leur spécificité.
Il en est un que l'on peut parfois oublier de sa présence sur l'archet, c'est l'ivoire de mammouth (principalement, la plaque de tête qui protège le bois de cette dernière).
L'ivoire fossile de mammouth utilisée en archèterie bénéficie d'un certificat d'authenticité (âge estimé entre 7 000 et 10 000 ans).
Mais peut-on confondre l’ivoire de mammouth de celle de l’éléphant?
Voici la réponse du ministère de l’environnement français :


Les mammouths ayant disparu de la planète, l’espèce Mammuthus primigenius n’est pas inscrite dans les annexes de la CITES et ne fait l’objet d’aucune réglementation de protection des espèces sauvages. L’ivoire de mammouth possédant des propriétés voisines de celles de l’ivoire d’éléphant, l’artisanat s’est en partie reporté sur l’ivoire de mammouth, plus disponible et non réglementé, et pour lequel il n’existe donc pas de liste centralisée. Les risques de substitution de l’ivoire de mammouth par de l’ivoire d’éléphant pour détourner la réglementation sont cependant très faibles, car les deux catégories d’ivoire peuvent aisément être distinguées de visu par les services de contrôle. En effet, les coupes transversales polies de dentine d’éléphant ou de mammouth présentent une caractéristique unique, les stries de Schreger. Leurs intersections forment des angles aigus chez les proboscidiens éteints et obtus chez les proboscidiens actuels. De même, les ivoires de morse, de cachalot, de narval, de phacochère possèdent des caractéristiques macroscopiques différentes, ainsi que les os et les substituts végétaux. Les méthodes de contrôle actuelles permettent donc de détecter facilement d’éventuelles fraudes par substitution
(publiée dans le JO Sénat du 25/01/2007 – page 177)


Le mammouth est une espèce disparue depuis plus de 10 000 ans (lors de la dernière période glaciaire).
Des squelettes fossilisés encore intacts sont souvent mis à jour principalement en Sibérie mais également au Canada.
La glace préserve ceux-ci dans un état remarquable, quoique la couche extérieure de l’ivoire puisse prendre des couleurs  grises, brunes ou bleu-vert dues à la présence d’un phosphate de fer, la vivianite.
Le contraste entre le blanc crémeux et la callosité rugueuse de l’extérieur en fait un matériau fascinant à travailler.
Après toutes ces années passé dans la glace, ce matériau devient extrêmement dur et sec.
La collecte de ce matériau rare est toujours une véritable expédition.
Il faut constituer de  solides équipes de spécialistes et une logistique opérationnelle en milieu arctique. Au moment du dégel les prospecteurs fouillent le pergélisol (permafrost en anglais) aux abords des rivières à la recherche de toute trace de vie végétale  pouvant prendre fertilisants sur un terrain organique. Une fois la zone délimitée ils creusent la terre et extraient les défenses et les restes du fossile du mammouth.
Il faudra ensuite débiter et mettre en forme  les plaquettes pour pouvoir "habiller" la tête de l'archet.
Parfois il arrive que certains marins de la Mer du Nord remontent dans leurs chaluts des fossiles récemment libérés par les sédiments des fonds marins. Ce matériau se distingue légèrement de celle que l’on trouve en Sibérie car seul son émail est exploitable et fortement coloré à cœur.

Le 06 novembre 2012, fait rarissime, un squelette de mammouth a été découvert en France :

 

Lien de la video


(Sources : Yahoo - Wikipedia - Couteaux PERCEVAL - Sénat - Recherches personnelles)

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