jeudi 14 mars 2013

Aubin-Louis MILLIN : l'art de l'archet (1806)

Aubin-Louis MILLIN de GRANDMAISON (né en juillet 1759 à Paris - mort le 14 août 1818 à Paris) est un naturaliste français mais surtout un « touche-à-tout ». Érudit dans de nombreux domaines, il s'intéresse à l'archéologie et à l'histoire de l'art médiéval et classique et fut un bibliothécaire renommé.
Il fonde avec Pierre Marie Auguste Broussonet (1761-1807) et Louis-Augustin Bosc d'Antic (1759-1828) la Société linnéenne de Paris. Son livre Éléments d’Histoire naturelle (1797) fait partie du corpus des Écoles centrales. Il est également connu pour avoir écrit beaucoup d'articles sur les vases grecs. En 1806, il publie le Dictionnaire des Beaux-Arts relatant l'esthétisme européen...


Et c'est dans ce dictionnaire que l'on peut trouver un excellent article consacré à l'art de l'archet. Aubin-Louis MILLIN reconnait ici de l'importance de bien choisir et de bien jouer cette baguette qui est le prolongement du bras pour tout musicien à cordes frottées :

..."Il en est de même de l'archet qui doit être aussi plus pesant; on ne se figure pas quelle aisance et quelle facilité on éprouve à se servir ensuite d'un violon monté dans le terme moyen, et d'un archet léger. La raison en est que les cordes de l'alto, avec lequel on a joué pendant quelque temps , ayant moins d'intensité que celles de l'autre, il est plus facile de les faire vibrer. Ce n'est donc point en passant d'un alto à un violon , mais d'un violon à un violon , tous deux montés comme on l'a dit, que l'on reconnoîtra l'utilité de ce conseil. La place de l'âme du violon n'est pas plus fixe, ni plus déterminée que celle du chevalet. C'est une étude à faire. Il suffit de dire que la manière de placer l'un ou l'autre.peut changer du tout au tout, le timbre de l'instrument. L'archet est, dans la main de celui qui joue du violon, ce qu'est le pinceau dans celle du peintre. L'école en indique la conduite et l'usage mais il n'appartient qu'au sentiment et au génie de varier, en quelque sorte, un instrument. La place juste de l'archet sur les cordes, est à un demi-pouce du chevalet. C'est dans cet espace qu'il doit être tiré et poussé dans toute sa longueur, et continuellement droit ; car, dés qu'on s'en écarte, le son ne peut plus être beau. ( Voy. Archet. ) Il faut que celui qui veut se livrer à l'étude du violon, ait les premières notions de la musique, afin de pouvoir au moins accorder lui-même son violon , dont les cordes se montent de quinte en quinte, comme mi, la, re, sol. La corde sur laquelle s'accordent les autres, est le la. Il se règle avec un instrument à vent, à clavier, ou avec un petit outil d'acier à deux branches , qu'on nomme Diapason. ( y. ce mot.) Peut-être ne sera-t-il pas inutile de consigner ici , sur le violon , des idées générales, qui en sont, pour ainsi dire, la partie métaphysique. C'est essentiellement à l'art méthodique de l'archet, que l'on considère comme la langue du violon , que doit s'attribuer tout l'effet de cet instrument. C'est à l'union parfaite de la corde avec l'archet, qu'est attaché tout le mystère de cet art. La clarté et le moelleux du son, l'égalité dans le jeu et la proporlion dans les nuances, dépendent toul-à-la-fois du tact bien ménagé, de l'archet, de sa direction économique et de son parfait équilibre. Sans cette méthode exacte, on ne peut faire chanter son violon. L'art de soutenir les notes en doigtant au centre du manche, est bien plus difficile et bien plus important que celui de voltiger d'un bout à l'autre, pour aller gazouiller près du chevalet. Il est aisé de concevoir que, si le joueur brusque le son par un mouvement convulsif et violent, ce ne peut être qu'au détriment du timbre et de l'expression."...

(Sources : BNF/Gallica - wikipedia - google livres - yoolib - History of Medicine - recherches personnelles)

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