mercredi 22 mai 2013

Histoire de l'archèterie : la marque au fer ou estampille

TOURTE L aux 15-VINGTS
Tous les amateurs d'archets anciens se sont un jour trouvé devant une baguette marquée au fer rouge.
En menuiserie, cette marque est appelée estampille.
Cependant, et par expérience, il est très difficile de déceler une estampille authentique d'une marque postérieure.


L'estampille est, par son origine, une marque apposée sur un meuble par le menuisier ou l'ébéniste l'ayant réalisé (et donc, à fortiori, par le fabricant d'archet).
Il n'est pas pour autant prouvé que se soit le "maître" en personne qui ait réalisé l'ouvrage. L' estampille prouve juste que la pièce est sortie de ses ateliers et a été réalisée sous sa direction ou avec son approbation.
Il existe donc une incertitude sur le fait que le "maître" ait contribué en personne à la fabrication de l'archet ( les ateliers de certains archetiers ont employé jusqu'à 20 ouvriers travaillant en même temps - l'estampille n'était apposée qu'à la finalisation des archets de l'atelier ; le "maître" ayant, la plupart du temps, réalisé les calibres, qui, par la suite, ont été utilisés comme modèles par les ouvriers en charge de la réalisation des commandes d'archets).



Georges JACOB - Ébéniste
Les premières estampilles ont fait leur apparition vers 1720. Elles sont alors apposées ( rarement ) sur des meubles réalisés par des "maîtres menuisiers" suivant des obligations déjà en vigueur depuis des décennies mais non respectées. L'estampille a été rendue obligatoire à la promulgation des corporations en 1743. Cependant, son usage n'a été légalisé qu'en 1751 par un édit royal. On pouvait lire dans celui ci : " Et ne pourront les dits maîtres délivrer aucun ouvrage qu'ils ne les aient préalablement marqués de leur marque, à peine de confiscation et de 20 livres d'amende par pièce non marquées ". L'apposition de cette marque permettait aux contrôleurs de distinguer les ouvrages, et de taxer tel ou tel menuisier en fonction de la qualité et de la quantité des pièces fournies. Autant dire que les fraudeurs étaient nombreux, et les meubles non estampillés circulaient fort bien . Ce qui explique que l'on puisse trouver aujourd'hui des meubles de très belle qualité, mais non estampillés.

Jacob EURY
Les lettres de maîtrise pouvaient être acquises de deux façons. La première consistait, à l'issue d'une période  d'apprentissage et de compagnonnage, à présenter, après paiement d'une taxe ( fluctuante suivant notamment les origines sociales du candidat ), un chef d'œuvre jugé par un comité composé de maîtres de la corporation. La seconde, plus rare, consistait  à accorder la maîtrise par décret royal à des ouvriers libres ( généralement d'origine étrangère ), sans avoir subi le cursus précité,  en raison de la qualité de leur ouvrages.

L'artisan était dès lors tenu d'estampiller les objets qu'il produisait ( en principe car les fraudeurs étaient déjà nombreux pour l'époque). Les "maîtres" ayant les privilèges royaux, c'est à dire œuvrant pour la Couronne, étaient dispenser de payer la taxe et donc d'estampiller systématiquement leurs ouvrages. En cas de vente directe de l'artisan à l'acheteur, l'estampille n'était pas non plus apposée.
Il faut garder en mémoire que certains menuisiers ou ébénistes étaient également fabricants d'archets.
Ainsi, certains luthiers sous traitaient des commandes d'archets avec leurs confrères menuisiers.


Charles Nicolas BAZIN
L'obligation d'estampiller les objets a pris fin à la révolution française, avec l'abolition des privilèges. Cependant, de nombreux artisans ont continué d'apposer leur marque sur leurs créations...
L'estampille - ou marque au fer - est ainsi devenue un moyen marketing de se faire connaitre.
Certaines grandes maisons de fabrication d'archets utiliseront différentes marques pour différencier leurs modèles.
Certains luthiers ou marchands d'instruments marqueront le travail sous traité aux archetiers.
Certains archetiers utiliseront des marques complémentaires en fonction de prix reçus ou de participations a de grandes expositions.
Afin de garantir le mieux possible l'authenticité du travail réalisé, deux marques (similaires ou différentes) peuvent être apposées en divers endroits de l'archet.


Autres informations  : histoire de l'estampille

(Sources : wikipedia - authenticite.fr - maison salamandre - le petit chineur - la tour camoufle - recherches et documents personnels)

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