mercredi 19 juin 2013

Bois amarante : un bois sous toutes ses couleurs...

De la famille des Caesalpiniaceae (tout comme le bois de Pernambouc), l'amarante pousse du Mexique au Brésil "profond" et est connu en Guyane française sous le nom de "bois violet"...
Importé en France dès le XVIIème siècle, ce bois gris marron quand il vient d'être coupé, vire en quelques jours au violet pourpre puis s'altère à la lumière et devient marron rouge sombre uniforme.

A Paris, c'est Cressent, l'ébéniste du Régent, qui met l'amarante à la mode en l'utilisant pour le mobilier du Duc d'Orléans, il combine déjà l'emploi de l'amarante et du satiné. Cependant, Boulle, dès 1714, livre une commode en amarante destinée à la Chambre du Roi à Fontainebleau.
D'autres ébénistes, à peu près à la même époque partagent le même engouement pour cette essence. C'est le cas de François Guillemart qui fabrique en 1717 un bureau et des armoires pour le Duc de la Force ; dans l'atelier de Joseph Poitou, ébéniste de la Couronne, on trouve en 1719 des meubles en amarante, tout comme dans celui de Jean Coulon en 1734.

Sous le règne de Louis XVI, ce bois commence à être moins à la mode si l'on en croit les inventaires après décès de Gilles Joubert, de Martin Carlin et Roussel où les meubles en amarante sont moins nombreux et les stocks assez faibles.

Nous sommes alors en pleine transformation de la fabrication des archets et quelques faiseurs de baguettes utiliseront ce bois délaissé pour réaliser des archets que certains qualifient aujourd'hui de "...faits en bois proche du Pernambouc".

Pour la petite histoire, Amarante est également une ville et municipalité portugaise du district de Porto. Les Portugais furent de grands navigateurs passés maitres dans le commerce du bois, bravant souvent leurs concurrents hollandais au Brésil...
En 1630, une expédition financée par la Compagnie hollandaise des Indes occidentales prit Pernambuco (l'actuelle Recife), Olinda, et les territoires côtiers compris entre l'île de Maranhão et le fleuve São Francisco. Les Hollandais, sous le gouvernement de Johan Maurits van Nassau-Siegen occupèrent leurs conquêtes plusieurs années et les firent prospérer.
En 1644, le gouverneur Johan Maurits van Nassau-Siegen démissionne pour protester contre l'exploitation à outrance menée par la Compagnie hollandaise des Indes occidentales, et dès son départ, les colons portugais soutenus par le Portugal (redevenu indépendant de l'Espagne en 1640), se soulèvent contre le pouvoir hollandais, et après dix années de combats, les Hollandais se retirent, mais ne renoncent définitivement à leur revendication territoriale qu'en 1661.


(Sources : cirad - wikipedia - Le Lexique de la Galerie Berger - Recherches et documents personnels) (Bibliographie : Dictionnaire universel de la langue française - 1819 (Google livres) )

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