mercredi 21 août 2013

Quand MOZART parle des archets...

L'histoire de l'archet moderne est bien plus complexe qu'il n'y parait et ne peut pas être attribué qu'à un seul homme...
La démonstration a déjà été faite ici que plusieurs musiciens, luthiers et autres faiseurs d'archets ont, au cours du 18eme siècle, participé à l'évolution dudit archet.
Les archets de violon eurent des formes et des grandeurs différentes, sous Corelli et ses contemporains, sous Tartini, Locatelli, Geminiani et Cristiani, sous Frenzel Père* et Cramer , et sous Maestrino.
Si les noms de VIOTTI ou de CARTIER reviennent souvent dans l'histoire de l'instrument, comment pourrait on écarter la famille MOZART de la transformation de l'archet ?

*Ignaz Fränzl

En 1756, année de naissance de Wolfgang Amadeus, Léopold MOZART, son père, écrit le fameux "Traité en vue d'une méthode fondamentale pour le violon" (Versuch einer gründlichen Violinschule). Une méthode de violon qui sera traduite dans toute l'Europe et qui est, aujourd'hui, une des principales sources pour l'exécution authentique des œuvres du 18e siècle.
« Chaque son, même l’attaque la plus puissante, a une petite douceur, à peine audible, au début de chaque coup d’archet ; ce ne serait autrement pas un son mais un bruit déplaisant et inintelligible. C’est pourquoi on doit savoir partager entre force et faiblesse et ainsi, au moyen de la pression et du relâchement, produire les notes de façon à ce qu’elles soient belles et mouvantes. »

Seul Léopold MOZART parle de vitesse d’archet. La totalité du bras n’intervient pas. C’est l’avant-bras qui mène l’archet, ou le poignet dans les passages rapides.

Entre Noël et jour de l'an 1763 Léopold Mozart présente ses deux enfants, Wolfgang et Nannerl, à la cour de France. Le jeune virtuose donne un concert devant la famille royale et, le 1er janvier 1764, la famille Mozart est invitée au Grand Couvert. Wolfgang est placé près de la Reine, qui lui parle en allemand et traduit ensuite tous leurs échanges au Roi.

Avant leur départ pour l'Autriche, en février 1764, Léopold et ses enfants portent à la cour, deux sonates pour clavecin et violon. L'une d'elle est dédiée à Madame Victoire, claveciniste hors pair. Ils ont très vraisemblablement été reçus, pour l'occasion, dans le grand cabinet de la princesse, où sont aujourd'hui présentés les deux clavecins de Blanchet et Rückers. Le recueil, très longtemps conservé dans la bibliothèque de Madame Victoire, se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de France. (chateauversailles.fr)


Wolfgang Amadeus MOZART débute sa vie de musicien par l'apprentissage du violon qu'il exécute avec un archet dit "baroque". Son inventivité permanente le fait s'intéresser à l'évolution des instruments et le fera rencontrer un certain Wilhelm CRAMER  - violoniste dont un modèle d'archet porte son nom - ainsi qu'Igaz FRÄNZL - compositeur et violoniste virtuose allemand de l' Ecole de MANNHEIM.
Bien plus tard, Wolfgang Amadeus se portera au secours de son ami VIOTTI. L'estime où le tenait MOZART dut sauver VIOTTI d'un complet oubli. Au printemps de 1785, MOZART complète l'orchestration du Seizième Concerto pour violon (en si mineur) de VIOTTI par l'adjonction de trompettes et de trombones ; et l'Andante en la majeur pour violon et orchestre (K. 470), composé par MOZART le 1er avril 1785, était sans doute destiné à s'intercaler dans le même Concerto.

Pour l'anecdote : VIOTTI, CARTIER, MOZART Père et Fils étaient franc-maçons.
A suivre...

(Sources : wikipedia - Google livres - Ablitzer Frédéric, Dauchez Nicolas, Dalmont Jean-Pierre et Nelly Poidevin - Encyclopaedia Universalis - documentation personnelle)

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