mercredi 5 février 2014

Bois de cormier : une idée à creuser

En 1833, dans le "Dictionnaire de l'Industrie manufacturière, commerciale et agricole" (Tome premier) l'ouvrage collectif apporte sa définition de l'archet dans un descriptif très intéressant.

On y octroie alors cinq parties distinctes : "la tête, la tige, la hausse ou chevalet, la vis de tension, le crin".
L'un des points les plus intéressants concerne le bois utilisable pour réaliser "la tige" (la baguette) :

"La tige se fait avec un bois dur, bien compact, bien sec; on prend ordinairement des bois exotiques, le bois de fer, le bois de Corail, le bois rose, le cormier des îles, etc. Dans les bois français le cormier et l’alisier, cœur, bien sec, pourraient aussi servir; mais on n’est pas dans l’usage de les employer..."

Le Cormier ou Sorbier domestique (Sorbus domestica L.) est un arbre de plus en plus rare, de la famille des Rosacées. Il figure sur la liste des espèces en danger en Suisse et en Autriche.

Le bois de cormier est parmi les plus durs bois indigènes en France. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d'outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes...), le pommier massif ou en semelle rapportée étant moins apprécié. Il fut aussi utilisé pour réaliser des outils de traçage, règles, trusquins, et de toise. Dans les moulins, les dents rapportées (alluchons) sur couronne en fonte de l'engrenage multiplicateur étaient faites en cormier. Il était aussi utilisé par les graveurs sur bois d'images (xylographie).

"Le bois des rabots". En effet, cette essence fut utilisée dans la fabrication de ces outils, à cause de sa densité (0.8 à 1.0), de son homogénéité et de son poli extraordinaire. On l'utilise en placage depuis très longtemps. On le trouve dès le XVII° siècle dans les marqueteries de fleurs. Son aspect le fait souvent confondre avec un poirier, mais il est bien plus gris. Les billes saines et non vissées sont rares, ce qui le limite à de petites dimensions à l'utilisation.

Nelly POIDEVIN, archetière française reconnue, a réalisé des essais d'essences de bois utilisés autrefois pour les archets médiévaux et  baroques. Le cormier s'adapte parfaitement à la fabrication de ces derniers...

Petit clin d'œil aux archetiers : en Alsace le fruit du cormier (sorbier) peut servir à distiller une eau de vie appeler schnaps (Schnàps en francique rhénan) - A boire avec modération!

(Sources : wikipedia - google livres - les fils de J. George - Jean-Marie BALLU - Nelly POIDEVIN)

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