jeudi 27 mars 2014

Archet de MIRECOURT : une appellation d'origine non controlée

L'histoire de l'archèterie française et de ses archetiers n'a retenu qu'une petite centaine de noms de maitre-artisans alors que la fabrication d'archets s'étale sur près de trois siècles.

Depuis la fin du 17eme siècle, MIRECOURT (88 - Vosges) est une ville liée à la réalisation des archets et à leur évolution.
Même si, au fil du temps, PARIS devient la capitale de sa commercialisation, l'archet mirecurtien reste la référence en matière de production artisanale.
Au 19eme siècle, devant répondre à une forte sollicitation des luthiers et autres marchands de musique, l'archetier de MIRECOURT fabrique inlassablement des quantités de baguettes et de hausses, parfois, il faut le reconnaitre, au détriment de la qualité.
Toutefois il suffit de consulter la page de ce blog, consacrée aux "Archetiers connus et méconnus" pour se rendre compte de l'immense richesse de savoir-faire que comptait MIRECOURT.

C'est souvent par méconnaissance du travail de ces faiseurs d'archets que le terme générique "archet de MIRECOURT" (ou "Ecole de Mirecourt") est devenu usuel.
Souvent attribué à des baguettes réalisées en bois "pauvre" et/ou dans un style et une finition peu conventionnels, il banalise l'objet artisanal et le prive de tout intérêt historique et spéculatif.

Alors que toute une population fût occupée par les métiers de la lutherie et de l'archèterie, l’éloignement historique efface peu à peu toutes formes de curiosité pour les documents importants et les légendes vont, au fil des années, avoir le temps de s’ancrer comme vérité.
Des noms disparaissent. Qui connait aujourd'hui le travail de Dominique BONTEMPS, de  Jacques MARCHAND, d' Aimé GUILLAUME ou encore de François VAOUILMEPLAIT ?

A tout musicien débutant ou amateur, il est de bon conseil d'investir dans un archet ancien de fabrication mirecurtienne. D'excellent rapport qualité-prix, celui-ci est fait de bois sec, a déjà été utilisé par un ou des musiciens et ne décote pas financièrement parlant. De fabrication française, ce n'est donc pas un archet "jetable" et il participe, à sa façon, à la non déforestation due à une surproduction industrielle étrangère.
Avant qu'il ne disparaisse par désintérêt purement commercial, il faut réhabiliter le petit "archet de MIRECOURT"...

(Sources : Wikipédia - Google maps - Ville de Mirecourt - Musée de la lutherie et de l'archèterie de Mirecourt - Musée Cité de la Musique Paris - Recherches et documents internes / Atelier Sandrine RAFFIN)

  

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