mercredi 19 mars 2014

Bois d'archet : une histoire de tonneau (1ere partie)

En 1856, dans le livre "Antoine Stradivari, luthier célèbre connu sous le nom de Stradivarius..."  (Éditeur "VUILLAUME, Luthier, Paris"), François Joseph FETIS écrit :

"François Tourte avait fait ses premiers essais avec des bois qui provenaient de douves de tonneaux à sucre, dans le but de déterminer les formes de l'archet et d'acquérir de l'habilité dans le travail sans faire usage de matériaux dispendieux. Il vendait ces premiers produits de fabrication 20 ou 30 sous..."

Ces archets "d'étude" fabriqués des mains du célèbre archetier ne sont que très rarement authentifiés par les experts comme étant des archets de François Xavier TOURTE (on y préfère le terme générique "École de Tourte").

A cette époque, la baguette de l'archet est parfois appelée "le brin" mais il est de coutume de la nommer "le fût".

Si la légende veut que le tonneau soit attribué à une fabrication "gauloise", l'histoire démontre qu'il n'en est rien et que l'on doit son invention au peuple des Rhètes qui vivait, sous l'Antiquité, dans les Alpes centrales.Rapidement le tonneau accompagne l'essor des premières grandes villes marchandes italiennes, flamandes, allemandes (La Hanse), anglaises (Bristol) ou françaises (La Rochelle, Bordeaux, Nantes), puis se diffuse à d'autres continents, surtout à partir des Grandes découvertes et de l'accélération de la mondialisation, des conquêtes et du commerce transatlantique.

Parisienne de Photographie
Si FETIS semble catégorique dans sa biographie de Tourte, il oublie d'apporter cette précision : la production de sucre a toujours été très importante dans l'économie du Pernambouc - elle a été la cause de la seconde invasion hollandaise du Brésil.
Cette richesse, source d' inégalité entre les riches et les pauvres, et la grande concentration de terres, firent de Pernambouc le théâtre de divers conflits - comme ceux qui se sont produits entre les propriétaires de terres ou d'engenhos (moulins à sucre) et les commerçants portugais de Recife, appelés par dérision des camelots (mascates).

Par bateau, le sucre voyage, depuis le Brésil, sous forme de pains. Ces derniers sont chargés un à un dans des tonneaux en bois, protégés dans leur cône de palme et calés par des feuilles de canamelle séchées (canamelle ou canne à sucre).
Transitant par Le Havre, les contenants remontent la Seine jusqu'à Paris ou ils sont alors débarqués et stockés provisoirement dans des "gares d'eau" (Gare fluviale, où les bateaux peuvent se garer sans se gêner). 

Et les bois utilisés pour ce commerce franco-brésilien réservent bien des surprises...


A suivre.

(Sources : Wikipédia - Google livres - Fetis - Michel Pigenet - Parisienne de Photographie - Recherches internes - Atelier Sandrine RAFFIN)


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