mercredi 23 juillet 2014

Martin BERTEAU : un violoncelliste maitre de son archet...

Martin Berteau par Nicolas Bernard Lépicié
Si François Xavier TOURTE doit une partie de sa réputation à la qualité de son travail développé avec son frère, il la doit également à la qualité de sa relation avec les musiciens de l'Opéra de Paris.
 
En effet, en 1814, on compte, parmi les titulaires de l'institution: KREUTZER, Jean-Baptiste CARTIER, LEVASSEUR Jeune et un certain Louis François TOURTE, le propre fils de François Xavier, violoncelliste...
 
Et si TOURTE Fils doit sa réputation de violoncelliste à ses maitres, ces derniers auront, sans aucun doute, croisé le chemin de Martin BERTEAU.
 
Martin Berteau, né dans le nord de la France en 1691, est considéré à juste titre comme le fondateur de l’école de violoncelle en France. Il semble qu’il ait "réglementé" la tenue de l’archet. Il donna de nombreux concerts en France et en Angleterre, et professa à Paris, au Collège des Quatre Nations. Ses dons de pédagogue furent salués par ses nombreux élèves parmi lesquels on trouve (en dehors du Dauphin) : François Cupis de Renoussard (1732-1808), Joseph Rey (1738-1811), les frères Janson : Jean-Baptiste Aimé Joseph, dit l’Aîné, né à Valenciennes le 8 mars 1742 et mort à Paris le 2 septembre 1803 ; Louis Auguste Joseph, son frère cadet, né à Valenciennes le 8 juillet 1749 et mort à Paris après 1815, vint à Paris en 1763 et se produisit également au Concert-Spirituel ; Jean-Pierre Duport, dit "l’Aîné" (1741-1818), sera l'auteur notamment d'un "Essai sur le doigté du violoncelle" ; Jean-Louis Duport, dit "le Jeune" (1749-1819), Joseph Tillière, "violoncelliste ordinaire de l'Académie royale de musique", auteur d'une "Méthode pour le violoncelle" parue en 1764. ;et enfin, Jean-Baptiste Bréval (1753-1823) auteur d’un "Traité de violoncelle" paru à Paris chez Imbault en 1804.
 
Martin Berteau par Nicolas Bernard Lépicié (détails)
Tous ces élèves ont propagé à leur tour l'art de toucher le violoncelle tel que leur maître leur avait enseigné, ainsi que celui de l'accompagnement de la voix, domaine dans lequel Berteau excellait également.
 
Jean Benjamin de Laborde, dans son "Essai sur la musique" (1780), estime que "Monsieur Bertaud fut le professeur qui contribua le plus à la perfection de cet instrument par la manière étonnante dont il en joua." Quant à Jean-Jacques Rousseau, à propos des " sons harmoniques ", dans son "Dictionnaire de la musique" (1768), il déclare : " il faut, pour en bien juger, avoir entendu Mr Mondonville tirer sur son violon ou Mr Bertaud sur son violoncelle, des suites de ces beaux sons." Plus récemment, Marguerite Campbell, dans son "Great cellists" (1988), estime que" la beauté du son et la profondeur de l’expression semblaient être ses qualités principales ; il utilisait et développait les harmoniques, inhabituelles, à cette époque, pour le violoncelle." Elle fait notamment remarquer la façon dont Martin Berteau tenait son archet, héritage de ses antécédents de gambiste.
 
Martin Berteau décède en 1771.
 
Pour en savoir plus: Harmonia Sacra / Martin BERTEAU
 
(Sources: Harmonia Sacra - Google Livres - Wikipédia - Recherches Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)
 
 
 
 

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