jeudi 6 novembre 2014

Nouvelle définition de l'archet - Eustache Marie Pierre Marc Antoine Courtin (1824)

Eustache-Marie (-Pierre-Marc-Antoine) COURTIN, né à Saint-Pierre-sur-Dives (14 - CALVADOS) en 1769 et mort à Garches (92 - HAUTS-DE-SEINE) le 22 février 1839, est un magistrat et haut fonctionnaire français.

En 1811, Napoléon Ier le nomma avocat général à la cour impériale de Paris, puis procureur impérial près le tribunal civil. C'est en cette qualité qu'il organisa la Police judiciaire d'après le nouveau Code criminel et qu'il reçut de Napoléon la décoration de l'Ordre de la Réunion. Il fut nommé chevalier de l'Empire le 19 juin 1813.

Tout en continuant à exercer sa profession d’avocat, il dirigea la publication de l’Encyclopédie moderne, dont les 24 volumes parurent entre 1824 et 1832, à Paris, chez Mongié ainé 18 Bd Poissonière et au Bureau de l'Encyclopédie, 24 rue Neuve Saint Roch ; simultanément une 2e édition eut lieu à Bruxelles, chez Lejeune, Rue des Eperonniers, augmentée d'articles biographiques, tous écartés de l'édition parisienne. L'ouvrage fut plus tard réédité avec un supplément par Duménil libraire, rue des Beaux Arts en 1841-1842, puis une nouvelle fois chez Firmin Didot entre 1861 et 1865 sous la direction de Léon Renier ; ces deux éditions suivent le plan original et n'intègrent pas les biographies. Avec la Nouvelle Biographie générale de Ferdinand Hoefer, qui en fut le complément, cette importante publication, qui réunit plus de dix mille souscripteurs, fut considérée comme le répertoire encyclopédique le plus exact de son époque.

Trompette marine
"ARCHET. (Musique.) Petite machine qui sert à faire résonner les cordes de plusieurs instruments de musique, tels que la pochette, le violon, la viole d’amour, l’alto ou quinte ou viole, le violoncelle ou basse , et la contre-basse ; ainsi que d’autres instruments de musique qui ne sont plus en usage, tels que le rebec des Celtes, la trompette marine, le kakoula des habitants de la côte de Guinée, etc.

L’archet, ordinairement, est fabriqué en bois dur ; sa longueur est habituellement calculée sur celle que peut parcourir dans son développement l’avant-bras de l’exécutant, dans le va-et-vient, lorsqu’il le promène sur les cordes de son instrument pour en tirer des sons.

La petite baguette dont l’archet est composé est un peu recourbée à l’une de ses extrémités; à l’autre extrémité, celle qui doit se trouver sous les doigts de l’exécutant, se trouve placée une petite pièce de bois ou de toute autre matière, ayant la forme d’un carré long, et que l’on nomme hausse. Cette hausse doit être placée sur la baguette de manière à faire corps avec elle , mais pourtant de façon à pouvoir être mise en mouvement à volonté par le moyen d’une vis de rappel placée intérieurement, et que l’on fait mouvoir avec un bouton mis à cet effet à l’extrémité de la baguette où la hausse se trouve placée. Un faisceau de crins d’environ 80 ou 1oo brins se trouve attaché et fixé aux deux extrémités de la baguette; la vis qui fait mouvoir la hausse sert à tendre à volonté ce faisceau; et pour que l’archet touche plus vivement les cordes, on en frotte les crins avec de la colophane.

L’usage de l’archet appartient-il exclusivement aux temps modernes ? L’antiquité en connaissait-elle l’usage ? C’est une question qui n’est pas entièrement résolue: jusqu’à ce jour l’opinion ‘qui semble avoir prévalu est celle où l’archet est classé parmi les inventions du moyen âge. Cependant le plectrum des anciens , espèce de baguette aussi, dont ils faisaient usage pour faire résonner les cordes de la lyre, ne leur servait-il qu’à frapper ces mêmes cordes pour en tirer des sons? et quelquefois, ne fût-ce même que par hasard, l’artiste observateur n’a-t-il donc pas pu. laissant par distraction traîner son plectre sur les cordes de la lyre, remarquer la différence des vibrations obtenues par le frottement ou par le frappé? S’il est possible que ce petit événement ne soit jamais arrivé, au moins il n’est pas invraisemblable de croire qu’il a dû ou qu’il a pu avoir lieu. ’
Mais ce qui, surtout, pourrait aider à résoudre ce problème, serait de recueillir avec soin tous les documents propres à nous convaincre de l’ancienneté de l’usage de l’archet, tels que ceux qu’on peut trouver dans les Tableaux de Philostrate, où l’on voit sur un puits antique un bas-relief représentant un musicien jouant de la lyre avec un archet. L’on trouvera aussi dans les antiquités recueillies par Maffei un autre bas-relief, où l’on voit aussi un Orphée charmant les hôtes des forêts aux sons de sa lyre, dont il joue avec un archet. Beaucoup d’auteurs latins, en parlant du plectrum des Grecs, ont souvent dit plectrum crinitum, et dans ce cas ils n’ont pas dit qu’on en frappait les cordes, mais qu’on l’y promenait avec force ou avec douceur, selon la nature des effets que l’on voulait produire.

On connaît encore des vers latins composés en l’honneur d’un célèbre musicien grec; l’on y dit qu’Apollon, satisfait de ses chants, lui fit don d’un plectre dont la baguette avait été faite avec l’une des branches du laurier de Daphné, et qu’il était armé d’un faisceau formé des crins de Pégase.
On a aussi, dans les découvertes d’objets appartenant à l’antiquité, trouvé des plectres de différentes matières, en bois, en ivoire , en écaille et en métal , et plusieurs dont les extrémités de la baguette étaient recourbées, et disposées de manière à faire reconnaître qu’un corps étranger avait dû y être attaché : cette dernière circonstance pourrait seule donner de grandes préventions en faveur de la similitude qui semble exister entre le plectrum des anciens et notre archet moderne.
Les instruments de musique à cordes et à archet doivent être placés en première ligne dans la hiérarchie instrumentale, par la raison qu’avec le secours de l’archet ils ont , ainsi que la voix humaine, la faculté de renforcer, de diminuer, d’adoucir, et surtout de prolonger les sons. L’archet est donc le principe vivifiant des instruments dont il fait partie; les ressources qu’il offre aux exécutants sont infinies, et son étude est pour eux d’une haute importance, car c’est toujours à l’habile conduite de ce gouvernail des sons que l’on reconnaît le mérite de l’exécutant; et c’est la possession de cette habileté qui peut seule lui donner le droit de prendre le titre de virtuose. ll. B."

(Sources : Wikipédia - Google livres - Google Maps - Recherches Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

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