mercredi 17 décembre 2014

Les archets et la contrefaçon

La contrefaçon est une violation d'un droit de propriété intellectuelle par le fait de reproduire ou d'imiter quelque chose sans en avoir le droit ou en affirmant ou laissant présumer que la copie est authentique. La notion de contrefaçon est souvent à rapprocher de celle de parasitisme (Les relations entre contrefaçon et parasitisme - Godefroy de Moncuit, Le Concurrentialiste, 2 mai 2014).

La contrefaçon n'est pas uniquement la copie intégrale d'un bien authentique. Elle s'apprécie en fonction des ressemblances et non des différences (Dessins et modèles - Institut de recherche en propriété intellectuelle (IRPI) ).

Comme tout bien de consommation, l'archet n'échappe pas à la contrefaçon. Et, dans un monde où tout devient spéculatif, les copies exactes de Grands Maitres archetiers (ou la reproduction à l'identique de certaines parties de l'archet) ne facilitent pas la tâche des experts car les techniques d'usure et de vieillissement des matériaux du fraudeur indélicat sont souvent parfaites.
Les nouvelles technologies favorisent l'apparition d'appareils de reproduction extrêmement précis : appareils photo numériques, digitalisation 3D, fraiseuse 3D à commande numérique, etc.


Musée de la Contrefaçon à Paris
Mais le phénomène n'est pas récent. Jean-Baptiste VUILLAUME dépose un grande nombre de brevets d'invention pour tenter de protéger ses réalisations (archet en métal, archet perfectionné).
J.B. VUILLAUME demeure lui-même un copiste hors pair, cherchant à percer les secrets des luthiers italiens de l'époque baroque et s'en approchant au point de s'y brûler. Ne l'accuse- t-on pas, après sa mort, d'avoir été un "imitateur" et, en particulier, d'avoir fait passer le mythique Messie de Stradivari, acheté aux héritiers de Tarisio, pour l'un de ses violons ?

Au cours d'un voyage aux États-Unis, Eugène SARTORY fait l'amer constat d'y découvrir des archets parfaitement contrefaits, signés de sa marque mais ne provenant pas de sa propre production.

Les marques au fer sont souvent litigieuses. Un grand nombre de faussaires use du subterfuge, parfois à l'encontre du bon sens historique, allant jusqu'à signer de marques "apocryphes" des archets qui ne l'auraient jamais été par l'auteur copié.
L'intention de tromper est avant tout une opération lucrative. Madame Fétique, veuve de Victor FETIQUE, fait marquer des archets de production d'ateliers avec la marque au fer de son mari décédé.

Pour en savoir plus sur la contrefaçon:

Musée de la Contrefaçon 16 rue de la Faisanderie 75116 PARIS

Site Internet des Douanes Françaises 
Article du blog "La Passerelle

(Sources: Wikipédia - Godefroy de Moncuit - IRPI - Google Livres - Musée Cité de la Musique PARIS - Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

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