mercredi 25 février 2015

Ports de Paris : le berceau de l'archèterie parisienne

Si Mirecourt (88 - Vosges) reste la ville historique de référence dans l'art de fabriquer des archets, c'est dans le Faubourg St Antoine, à Paris, que les premières esquisses de l'archèterie moderne vont se dessiner au cours du 18eme siècle. Et c'est par le transport fluvial sur la Seine que les précieux matériaux vont être acheminés...

Ports de Paris - Plan Turgot
A l’entrée de ce fameux Faubourg St Antoine s’est développé depuis le moyen âge et surtout à partir du XVIIe des activités d’artisanat  favorisées d’une part par l’ordonnance de Louis XI en 1471, renouvelée en  1657, qui affranchissait les artisans travaillant sur le domaine de l’abbaye de Saint-Antoine des contraintes corporatives parisiennes et d’autre part par la proximité de la Seine qui permettait l’arrivée du bois de flottage stocké sur les ports de la Rapée et à l’île Louviers.

L'ordonnance de février 1454 réglementait la profession de chargeur de bois:

"Afin que les bourgeois qui feront venir ou arriver en ceste ville de Paris par eauë leurs provisions de bois... pour éviter à l'excez du prix immodéré requis par crocheteurs et personnes incogneuës... il y aura par nombre cinquante et sept chargeurs, à sçavoir:
20 sur le port de l'Eschole Saint Germain
12 sur le port de Grève
13 sur le port Saint Paul et Arche-Beaufils
12 sur les ports de la Tournelle et Malaquest
"
(Alfred Franklin : Dictionnaire historique des arts, métiers... p 149)



Dès la Renaissance le faubourg est réputé pour son esprit d’innovation dans la fabrication de meubles. Le XVIIe et le XVIIIe voient l’apogée des activités et de la réputation du faubourg, marquée par l’installation d’ébénistes venus des Pays-Bas et d’Allemagne : Oeben, Riesener, Carlin… D’innombrables ateliers de menuisiers, ébénistes, ciseleurs, tapissiers, décorateurs se créent entre la Bastille et la place du Trône développant un mode de construction particulier : immeubles d’habitation sur rue, cours et passages profonds bordés d’ateliers souvent en bois. Ces cours et passages ainsi que les bâtiments les plus caractéristiques du quartier sont maintenant protégés par le PLU (Plan Local d’urbanisme) de Paris cf détail de ces espaces – plan APUR.


Dès le XVIIe s. le faubourg devient un quartier ouvrier dense et remuant. Plus de 200 ateliers sont alors répertoriés et la manufacture de glace emploi jusqu’à 400 ouvriers, Le saccage de la manufacture de papiers peints de Réveillon, installée sur une partie de la Folie Titon, le 27 avril 1789, quelques jours avant l’ouverture des Etats Généraux, fut un prélude à la Révolution. Les ouvriers du faubourg furent de toutes les journées révolutionnaires du XIXe jusqu’à la Commune de 1871.

Voir aussi :  


Le bois sur la Seine (La Chapelle Rablais)

(Sources : Wikipédia - Office de Tourisme de Mirecourt - Atlas Historique de Paris - La Chapelle Rablais - Atelier Sandrine Raffin - Archetiers - Google livres)
 

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