jeudi 30 avril 2015

Des faits à l'interprétation : l'histoire au prétoire (Olivier Lévy-Dumoulin)

Olivier Lévy-Dumoulin, éminent professeur des Universités en histoire contemporaine, Institut d'études politiques, université de Lille-II, agrégé d'histoire, maitre de conférences, auteur de thèse, auteur pour le compte de l' Encyclopaedia Universalis, écrit, au printemps 2007, et  pour le compte de la "Revue pour l'histoire du CNRS", sur le thème "L'Expertise scientifique", un article intitulé "Des faits à l’interprétation : l’histoire au prétoire".

"De plus en plus d’historiens s’interrogent, non sans quelques réticences, sur leur discipline, en écrivant « l’histoire de l’histoire » ou en ayant recours à l’épistémologie. Quels sont les évolutions et les avatars de la profession ? Comment perçoit-on l’expertise ou l’audit en histoire ? Quelles en sont les accointances avec le privé, les affinités avec le système judiciaire et l’appareil médiatique ? Olivier Lévy-Dumoulin s’intéresse au rôle social de l’historien sous une Ve République inscrite plus que jamais dans un processus de mondialisation. Il transporte ensuite le débat outre-Atlantique, au Canada en l’occurrence, où les historiens jouissent du statut d’« expert witness » devant les tribunaux."

Afin d’illustrer concrètement le titre de cet article, nous allons, à nouveau, revenir sur le cas de Dominique "Justin" POIRSON. 
Dans nos deux précédents écrits relatifs à cet archetier (Un archet - un auteur : Dominique "Justin" POIRSON et Dominique "Justin" POIRSON, victime d'une bataille de chiffonniers ?) nous vous soumettions l'hypothèse de quelques inexactitudes concernant sa biographie - biographie qui, jusqu'à aujourd'hui, ne reposait que sur les uniques travaux de René Vannes, auteur du "Dictionnaire Universel des Luthiers"  (1951 - réédition 1988).

Voici ce que le musicologue y écrit :

"POIRSON Justin. Archetier né à Mirecourt en 1851, fit son apprentissage chez Nicolas de Maire (?), à Paris, en 1865, puis se perfectionna chez J.B. Vuillaume, travailla ensuite pour la Maison Gand et Bernardel, puis s'établit en 1879, dans la capitale. Il mourut assassiné en 1925, à la Porte de St Ouen, dans une baraque où il vivait misérablement. Travail ordinaire. Marque au fer : POIRSON à Paris". 

Or, le service de l'état civil de la Mairie de Saint Ouen (93) nous apprend qu'en réalité, Dominique Justin POIRSON, luthier, veuf de Marie Eugénie GUILLOUX, décède à l'age de 66 ans, le 19 octobre 1917 à 16 heures en son domicile au 08, rue Baudin à St Ouen.

Qu'est ce qui a pu induire René Vannes en erreur de près de huit années ? Quelle influence sur la datation des archets fabriqués par Dominique Poirson ?

A suivre... 

(Sources : Mairie de Saint-Ouen - Édition "Les Amis de la Musique" - CNRS [mis en ligne le 22 avril 2007, consulté le 30 avril 2015.] - Encyclopaedia Universalis - Google Maps - Atelier Sandrine RAFFIN | Archetiers)

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