jeudi 16 avril 2015

Dominique "Justin" POIRSON, victime d'une bataille de chiffonniers ?

La biographie de Dominique "Justin" POIRSON est bien difficile à établir et les seuls éléments à disposition pour en rédiger quelques mots sont issus de recherches non étayées provenant de Laurent Grillet (1850 - 1901) ou bien de René Vannes (1888 Lille, France – 1956 Bruxelles, Belgique)

Si il est vrai qu'un certain Dominique POIRSON est bien né à Mirecourt en août 1851, reconnu d'un père vigneron, Joseph Poirson, d'une mère dentellière, Marguerite Maire et sous le témoignage de deux jeunes tonneliers, les circonstances qui vont mener le jeune adolescent à s’intéresser à l'archèterie et à la vie parisienne restent floues (voir notre article précédent : Un archet - un auteur : Dominique "Justin" POIRSON).

Les hypothèses de son décès sont toutes aussi rocambolesques. René Vannes écrit ceci : "Il mourut assassiné en 1925, à la  Porte de Saint-Ouen, dans une baraque où il vivait misérablement".

Baraques Saint-Ouen
1925 est une date importante dans l'histoire de la Porte de Saint-Ouen.

Après la guerre de 1870, des chiffonniers installent leurs campements et leurs baraques dans la plaine des Malassis, un terrain recouvert d'une herbe rase qui s'étend entre les fortifications de la ceinture militaire et les premières maisons de Saint-Ouen. Zone inconstructible, elle n’accueille au départ que de l’habitat mobile. Les chiffonniers sont parmi les premiers à se constituer un logis : des cabanes faites de planches, de débris de wagons, et en guise de briques, de vieilles boîtes de sardines remplies de terre… En 1891, un droit de stationnement est demandé aux marchands qui déballent tous les dimanches leur bric-à-brac et leur ferraille sur les trottoirs de l'avenue Michelet. Vinrent ainsi se mêler aux roulotes des gitans, installés déjà depuis fort longtemps : biffins, crocheteurs, fripiers, chineurs qui deviendront ensuite brocanteurs et antiquaires.  Les baraques s’édifient et se rasent au gré des amitiés et des inimitiés, la terre d’alors appartient à celui qui la prend et qui, surtout, sait la garder. (Histoire de Saint-Ouen)

Le commerce de bric-à-brac se développant, quelques hommes d'affaires achètent des terrains pour les équiper et les louer aux marchands. C’est ainsi que sont créés le marché Vernaison (12800 m²) en 1920, le marché Malik en 1921, le marché Biron en 1925 et le marché Jules-Vallès, en 1938.
En 1925 donc, le marché BIRON fut créé sur les 7000m² du terrain du «Champ des Rosiers» exploité par les maraichers. Il fallut âprement négocier des indemnités avec ces cultivateurs. Ce marché répondait à un besoin express des brocanteurs mis à la rue par la démolition et l’arasement des anciennes fortifs. (Marché aux Puces de Paris / St-Ouen)

Rien ne prouve que Dominique POIRSON résidait encore dans cette zone d'habitation ouvrière en 1925.
Rien ne prouve qu'il y fut assassiné... à moins d'avoir été la malheureuse victime d'une bataille de chiffonniers!

A suivre...

(Sources: Wikipédia - Archives des Vosges - Ville de Saint-Ouen - Marché aux Puces de paris / St-Ouen - Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

Aucun commentaire: