mercredi 10 juin 2015

L'archet et le cep de vigne : une fable viticole...


L'histoire des Maitres archetiers est faite de passion commune et de bons moments de convivialité partagée. Et qui parle de convivialité évoque forcément un breuvage apprécié par le plus grand nombre : le vin*.

Il serait alors facile de plaisanter ici avec le patronyme VIGNERON le nom d'une famille archetière de Mirecourt (André ou Joseph Arthur) ou bien encore avec la sobre retraite de Dominique PECCATTE dans ses parcelles de vigne.

Il serait toutefois impardonnable de se soustraire à la mémoire des dures conditions de travail des ouvriers archetiers œuvrant pour le compte d'ateliers réputés du 19e siècle, aux journées interminables dépassant largement les 12 heures de tâches répétitives , aux semaines de six jours, à l'absence de congés annuels, et donc de refuser d'admettre que pour l'époque, le vin* est un "nécessaire" réconfort à chaque repas.
La légende dit que souvent, le dimanche matin, une partie des ouvriers devait venir à l’atelier pour nettoyer les locaux et les postes de travail. S'en suivait parfois un repas dominical bien "arrosé"...

L'archet et le cep de vigne ont ceci en commun: la viticulture.


En ouvrant "Maison rustique du 19e siècle : encyclopédie d'agriculture pratique" de Charles-François Bailly de Merlieux (Tome second -1837), on peut y lire ceci :

"Voyons maintenant comment les vignerons du Maçonnais dirigent leurs vignes blanches : nous passons tout de suite à la quatrième année, le traitement pendant les trois premières n'ayant rien de particulier. On choisit, parmi les sarmens qui ont poussé, l'un des plus bas, pourvu qu'il soit vigoureux, et on le raccourcit à 15 à 18 pouces de longueur. On enlève 5 à 6 yeux de son extrémité supérieure, qu'on pique en terre en la rapprochant du cep de manière que le ployon soit courbé en arc très-fermé, et on l'assujettit ainsi que le cep à un échalas planté au pied de celui-ci. Cela s'appelle "faire un archet" ; a la taille de la cinquième année, on en fait un autre du côté opposé, et, en outre de l'échalas du pied, on en plante un à chaque archet, mais ces deux derniers obliquement, de façon que l'extrémité supérieure vient rejoindre celle de l'échalas du cep, auquel on les lie; à cette taille on coupe l'extrémité du premier archet qui était enterré, de façon qu'il ne porte plus que 3 ou 4 ployons qui sont ramenés vers l'échalas du milieu auquel on les attache. A la sixième année, on traite le second archet comme on vient de dire du premier. Les années suivantes, on laisse les archets des ployons de 10 pouces environ, auxquels on n'enlève pas de boutons; on les reploie toujours comme on l'a fait pour les archets en les assujettissant aux échalas. Le cep prend ainsi successivement la forme de quenouille. Le seul inconvénient que nous trouvons à cette conduite de la vigne, c'est que vers la 12e année elle est élevée de 4 pi. à 4 pieds 1/2."

Difficile d'imaginer un musicien jouer de son instrument à corde avec un cep de vigne mais le verre fait la fable...

* Boire avec modération

(Sources : Wikipédia - Google livres - Bnf - Atelier Sandrine RAFFIN | Archetiers) 


Aucun commentaire: