mercredi 12 août 2015

La ménestrandise, les musiciens et l'archet

Gallica / BnF
L'Histoire de l'Archèterie ne serait rien sans l'Histoire des Musiciens.
Un véritable archetier ne fabrique pas un archet sans âme ; il finalise son œuvre d'art en s'inspirant des attentes de l'instrumentiste à cordes...

L'Histoire des Musiciens passe par celle de la "ménestrandise".
La ménestrandie ou ménestrandise est l'art des ménestrels. Il existait au Moyen Âge de nombreuses écoles de "ménestrandie" - de "manus", la "main", en latin -, ancêtres des Académies et Conservatoires actuels.

Selon Pierre-Paul LACAS, (« MÉNESTRANDISE  », Encyclopædia Universalis) la ménestrandise est un "terme d'ancien français qui désignait la profession de musicien (XIVe-XVe s.) et qui resta en usage jusqu'aux XVIIe et XVIIIe siècles pour désigner la corporation des ménestrels (appelés encore ménestriers ou ménétriers) fondée à Paris en 1321. La ménestrandise (ou ménestrandie) possédait sa rue et sa chapelle, Saint-Julien-des-Ménestriers, détruite pendant la Révolution. Le chef de cette corporation portait le titre de roi ; ce titre, devenu celui de « roi des violons », subsista jusqu'en 1773. Les ménestrels étaient, à l'origine, les serviteurs des troubadours qu'ils accompagnaient sur la viole, la vielle ou la harpe. Ce furent aussi des poètes et des chanteurs qui n'avaient pas d'ascendance noble (en principe, les troubadours étaient pour le moins chevaliers). Les rois de France des XIVe et XVe siècles entretinrent de véritables troupes de ménestrels, et nombre de princes les imitèrent. Comme plusieurs corporations, celle des ménestrels tomba en décadence ; elle se signalait notamment par le souci de ses prérogatives, dont la défense donna lieu à de nombreux procès. La querelle durait toujours entre organistes et joueurs de violon lorsque Couperin se moqua de la corporation dans une satire spirituelle, Les Fastes de la grande et ancienne ménestrandise, pamphlet musical parfois féroce avec son cortège, pêle-mêle, de vielleux, de saltimbanques, d'ours, de singes."

Marie-Bernard BERNHARD (1809 - Ribeauvillé / 1884 - Haguenau), archiviste-paléographe, mène une partie de sa carrière à Paris. Diplômé de droit en 1832, il se présente l'année suivante à la Cour d'appel de Paris. En 1834, il entre à l’École nationale des Chartes et reçoit, en 1837, le brevet d'archiviste paléographe avec tous les droits et prérogatives attachés à ce titre.
L'intérêt porté à Marie-Bernard Bernhard vient de la Bibliothèque de l’École des Chartes où l'archiviste publie "Recherches sur l'Histoire de la Corporation des Ménétriers ou joueurs d'instruments de la ville de Paris".
Ces recherches sont partagées en deux périodes et nous vous convions à prendre connaissance de la seconde ci-dessous :



Sans la ménestrandise, la corporation des luthiers n'aurait sans doute pas existé et l'archèterie ne serait pas "métier d'art"...

Voir également : "Petite histoire d'archet autour de Madame Adelaïde"

(Sources : Gallica/BnF - Encyclopaedia Universalis - Wikipédia - Google Livres - Google play - Histoire-Genealogie.com - blog Échos des Troubadours)

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