jeudi 24 septembre 2015

Archet : ceci n'est pas un scoop...

Non, vraiment, cet article n'est pas un scoop mais une réalité qui s'inscrit dans l'histoire de l'archèterie : l'archet "complet" (baguette, hausse et bouton de l'auteur) se fait rare.
De Tourte à Sartory, de Bazin à Jérôme Thibouville Lamy, on considère que l'élément le plus important de l'archet est la baguette. 80 à 90 % du prix de l'archet est estimé sur le travail de celle-ci alors qu'elle ne représente que 40 à 45 % du temps de fabrication de l'instrument entier.

Non, vraiment, ceci n'est pas un scoop: hausses et boutons ont souvent été "sous-traités"... Tourte le Jeune adaptait des hausses de Tourte l'Ainé (son frère) et/ou, probablement, de sa propre fille ; Peccatte n'avait que l'embarras du choix parmi les ouvriers de Vuillaume ; Sartory confiait une partie de ce travail à Louis Gillet ou à Louis Morizot Père, etc. 

FX TOURTE 1795
Oui, le travail de la hausse est un travail fastidieux, nécessitant de nombreuses et précises taches manuelles de façonnage d'éléments faits de matériaux divers.
Depuis le 18e siècle, ébène, ivoire, écaille de tortue ou encore corne de vaches sont souvent les matières premières du petit bloc qui va servir à fabriquer une hausse et un bouton. Ajoutons de la nacre et des métaux (or, argent, maillechort, acier) et vous comprendrez aisément que les connaissances du travail du bois ne suffisent plus.

Non, vraiment, ceci n'est pas un scoop : la hausse et le bouton sont les parents "pauvres" de l'archet! Estimés entre 10 et 20 % du prix total de l'objet, il faudra pourtant près de 15 h de travail pour tailler, adapter, polir à la main ce qui va être l'élément mécanique essentiel de l'archet.

Atelier S. RAFFIN / SR
Alors, au fil du temps, pour des archets de gamme moyenne, l'homme a mécanisé la fabrication de la hausse et du bouton... ...adaptant ainsi valeur de l'objet à coût de production. Seuls, quelques irascibles continuent à préserver les geste ancestraux et à donner de la valeur ajoutée à leur travail. 

Non, vraiment, ceci n'est pas un scoop (quoi que) : en l'atelier de Sandrine RAFFIN, chaque archet est réalisé entièrement à la main par une seule et unique personne. Une moyenne de 50 heures est nécessaire pour obtenir un archet parfait (fabrication et finitions), sans mécanisation, hausse et bouton compris.
Avec un rapport qualité-prix exemplaire, les archets de l'atelier se font rares. De grands musiciens ne s'y sont pas trompés...

 

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