jeudi 17 septembre 2015

Charles Hurel : le luthier qui appréciait les archets en bois de Chine

Archet baroque - Atelier Sandrine RAFFIN | Archetiers
Loin de la lutherie italienne d'Antonio Giacomo Stradivari dit "Stradivarius", en ce début du 17eme siècle, Charles HUREL est luthier à Paris. Maitre faiseur d'instruments de musique Charles Hurel est, en 1636, avec Antoine d'Hespont, un des experts chargés d'examiner les outils saisis dans l'atelier de Nicolas Ier Médard, luthier de Nancy, accusé d'avoir fabriqué de la fausse monnaie.
Père probable de Jean Hurel, également luthier, Charles meurt en novembre 1660. (d'après Albert Jacquot - La Lutherie Lorraine et Française - 1912)

 Notre intérêt se porte sur l' inventaire après décès du luthier :

"Inventaire après décès de Charles Hurel, maître faiseur d'instruments de musique, bourgeois de Paris, et de Marguerite Le Rahe, sa femme, en leur maison à l'image Saint-Pierre, rue des Arcis, à la requête de Guillaume Hardel, maître faiseur d'instruments de musique, bourgeois de Paris, et de Charles et Jean Hurel, maîtres faiseurs d'instruments, ses enfants émancipés. Inventaire des instruments : 'Et à l'esgard des marchandises d'instruments de musique qui sont basses de violles, dessus, tailles, viollons, basses de viollons, poches, théorbes, lutz, mandores et guitartz a esté faict sept lotz', estimés par Guillaume Hardel, François Preponnier, demeurant rue Saint-Antoine, Jean Scellier, demeurant rue Saint-Martin, maîtres faiseurs d'instruments de musique. Premier lot, tout dans la boutique, salle qu'autres lieux. quatre basses de violes, quatre tailles, quatre dessus, deux théorbes, dix lutz, sept mandolles, douze violons, dix-neuf poches, une basse de violon, deux-cent-treize livres Les septs lots sont identiques et estimés 213 livres, dans la boutique : quatre rabots, une huche, trois varlopes, etc. vingt-deux archets de bois de poirier, d'ébène et bois de la Chine,vingt autres archets de bois de la Chine et encore vingt archets de pareil bois 20 livres, six étuis de violons dont quatre neufs et six autres étuis de poches 20 livres, cinquante-sept paquets de cordes prisés le paquet, cinquante sols revenant à la somme de 142 livres 10 sols.

29 novembre 1660

(Archives Nationales)

On peut y noter une quarantaine d'archets réalisée en bois de Chine, bois très prisé pour l'époque (Pierre DETIENNE (CIRAD-Forêt / 2002) : Il s ’agit  bien  sûr  de  l ’amourette Brosimum guianense Huber).


A lire : Le traité de la viole de Jean Rousseau

1 commentaire:

LMC a dit…

Intéressante cette anecdote ! Merci pour le partage !