mercredi 14 octobre 2015

Histoire de l'archèterie, en parallèle : le siècle des épidémies

Gallica / BnF
Au XIXe siècle, de grandes épidémies, comme celles du choléra, de dysenterie, de charbon ou de fièvre hémorragique virale - parfois désignées à tort comme des épidémies de peste par ceux qui les ont subies - vont décimer certaines régions françaises. Et, par la même occasion, certaines professions. Casimir Périer, président du conseil, et l’éminent savant Champollion furent parmi les nombreuses victimes.

Alina Cantau – Département Sciences et techniques Gallica / BnF - écrit ceci :

"Les épidémies de choléra (du grec kholéra « flux de bile ») ont marqué le XIXe siècle et la littérature médicale sur ses causes et les moyens de l’éviter a été conséquente. Nous pouvons retrouver dans Gallica plusieurs centaines de titres sur le choléra et sa prophylaxie, des ouvrages des médecins réputés comme D. J. Larrey, F.J.V. Broussais, G. Dupuytren ou S. Hahnemann ou bien des revues comme la Gazette médicale de Paris, témoin journalier de l’épidémie de 1832-1833, qui a entraîné la mort de 160 000 personnes. Le 1er mars 1849, une seconde épidémie ravage la France, puis encore une à partir de 1854. C’est Robert Koch qui découvrira le bacille responsable du choléra en 1883.

En France, le choléra a entraîné la création de plusieurs organismes de santé publique et ses conséquences politiques, démographiques et sanitaires ont poussé les gouvernements à des réalisations architecturales et d’urbanisme mieux adaptées aux contraintes de l’hygiène publique
."

Les épidémies de 1832-33 et de 1854 n'épargnent pas les luthiers et les archetiers. Dans "Historique de Mirecourt" - Office du Tourisme de Mirecourt - on peut lire :

"...Conséquences: l'écart social se creuse. La famille ouvrière type (mari luthier,femme dentellière) survit difficilement. Les grandes familles marchandes réalisent des fortunes spectaculaires dont le symbole est la création d'un nouveau quartier au-delà des anciens remparts (rue Ste cécile et en partie rue Clémenceau). Les grandes usines de facture instrumentale s'installent (Remy, Thibouville, Laberte. Couesnon, plus tard). Les grands noms français de la lutherie, tous issus de Mirecourt (Vuillaume, Bernardel, Peccatte) continuent à faire le renom de la ville, ainsi que les Aubry Febvrel, Marcel Aubry, Berlemont, Bastien pour la dentelle. Les luthiers mirecurtiens sont aussi bien les créateurs de l'école belge de lutherie (début du 19ème) avec Couturieux et Darche, que de l'école russe en fin de siècle avec Maucotel et Salzard.
La quasi destruction du vignoble due au phylloxera, la multiplication des marchands "en boutique", une vie musicale intense (8 formations), la division du travail en lutherie, l'essor de la broderie marquent le changement de siècle
..." (voir le document original)


Mediathèque Cité de la Musique
Parmi les archetiers victimes de ces épidémies, on notera particulièrement le décès en 1832, à Paris, du nancéen Jacques LAFLEUR (père de Joseph René)...

(Sources: Wikipédia - Gallica / BnF - documentation interne)


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