mercredi 27 janvier 2016

Archèterie : les rencontres improbables

"Gestes d'archetier"
Comme tout métier d'Art, l'archèterie est un monde fascinant où le moindre geste, le moindre outil de l'archetier attire l’œil et inspire le photographe passionné. Expression instantanée des mouvements figés à tout jamais, en noir et blanc ou en couleurs, la photographie, numérique ou argentique, témoigne quotidiennement du temps qui passe, de l'Histoire de l'Homme au travers de ses habitudes, ses occupations, sa famille, ses rapports avec l'autre, son environnement...

Et comme pour l'archèterie, l'histoire de la photographie comporte des zones d'ombres inévitables, difficilement effaçables face aux incertitudes devenues, au fil du temps, des vérités...

Niépce, puisqu'il s'agit de lui, aurait il pu rencontrer F.X. Tourte, D. Peccatte ou bien encore J.B. Vuillaume ?
Rencontres improbables ? Certainement ! Oui, mais ?


Première photo Niépce
Nicéphore NIEPCE : né le 7 mars 1765 à Chalon-sur-Saône (actuelle Saône-et-Loire) et mort le 5 juillet 1833 à Saint-Loup-de-Varennes (Saône-et-Loire), est un ingénieur français, connu comme étant l'inventeur de la photographie, appelée alors « procédé héliographique ». Il est aussi l'auteur de la plus ancienne prise de vue et du pyréolophore, le premier moteur à combustion interne du monde.
Son association avec Daguerre : en 1832, Daguerre réalise pour Niépce un bilan de ses propres travaux d'où il ressort que l'un et l'autre, avec les mêmes produits, obtiennent des résultats différents ; il est toutefois à noter — et cela n'est pas sans importance — que jamais Daguerre n'a pu montrer à Niépce le moindre résultat de ses essais... Le 3 juillet 1839, François Arago présente à la chambre des Députés son rapport sur le daguerréotype. Cette communication livre « à l'univers tout entier » le secret du procédé de Louis Daguerre. Arago oublie seulement de préciser que l'invention dont il est question est née depuis déjà quinze ans du génie d'un autre homme : Nicéphore Niépce...


"Gestes d'archetier"
François-Xavier TOURTE (famille TOURTE) : né à Paris en 1747, décédé dans la même ville en 1835, François Xavier Tourte est un des trois membres d'une famille d'archetiers résolument déterminée à "révolutionner" l'archet. Si l'excellent travail de cet artisan contribue largement à sa notoriété, le décès de son père puis de son frère vont faire de lui une légende dans l'attribution de "l'archet moderne à la française". Aura-t-il formé de jeunes apprentis ? Rencontre-t-il Peccatte et Vuillaume ? Sa fille, qui travaille de tous les instants avec lui, a-t-elle fabriqué des archets ? 
Et, pour le sujet de ce post, qui aura utilisé pour la première fois un procédé photographique pour photographier les archets de l'artiste ? Beaucoup de questions qui restent sans réponse.
Toutefois, les dates chronologiques permettent de supposer que Niépce et Tourte auraient pu faire connaissances... Dans tous les cas, l'invention de l'un aura donné vocation à un patronyme de l'autre, connu dans les milieux scolaires depuis 1882 : TOURTE et PETITIN (Innovaphot)

Dominique PECCATTE : né à Mirecourt en 1810 (88 - Vosges), décédé dans la même ville en 1874, fils de perruquier, il existe chez cet archetier un flou artistique autour de son apprentissage. Toutefois, on rapporte sa venue à Paris en 1826, sur les conseils de Vuillaume.

A 16 ans, adolescent, on côtoie les fameux archetiers "parisiens" (souvent nés à Mirecourt ou alentours) et la probabilité d'une collaboration "apprenti-maitre" entre Peccatte et Tourte reste élevée tant les premiers modèles d'archet de Dominique ressemblent à ceux de fin de vie de François-Xavier.
Néanmoins, il parait impossible d'une quelconque rencontre Niépce-Peccatte (sous toute réserve) mais la qualité des documents photographiques de la période post Niépce ne cessera de croitre. La guerre de 1870 sera productive...


Microphoto Dagron / JB Vuillaume
Jean-Baptiste VUILLAUME : né à Mirecourt en 1798, mort à Paris en 1875, l'homme est opportuniste à souhait et sa curiosité et son narcissisme ont dû le mener dans l'entourage de Niépce. Provocateur, surdoué en stratégie commerciale, le luthier est sur tous les fronts et sait reconnaitre les talents au premier coup d’œil. Souvent soupçonné de malhonnêteté dans sa façon d'agir, il n'en reste pas moins un homme d'affaires redoutable et un faiseur de fortunes ou, à défaut, de légendes.
Sa rencontre avec René Dagron, inventeur de la microphoto, démontre de son intérêt pour le support argentique photographique mais, bien évidemment et dans le même temps, pour le support de sa propre image personnelle.



Improbabilité ? (qui n'est pas probable - Le terme probabilité possède plusieurs sens : venu historiquement du latin probabilitas, il désigne l'opposé du concept de certitude ; il est également une évaluation du caractère probable d'un événement, c'est-à-dire qu'une valeur permet de représenter son degré de certitude ; récemment, la probabilité est devenue une science mathématique et est appelée théorie des probabilités ou plus simplement probabilités; enfin une doctrine porte également le nom de probabilisme.)

Si ces hommes ne se sont pas rencontrés physiquement, il est donc fort "probable" que, en cette première partie du 19eme siècle, leurs inventions, leurs créations se soient côtoyées... Aujourd'hui, il ne se passe pas une journée sur la planète sans que des dizaines d'archets soient pris en photo.

A découvrir : "Gestes d'archetier"


(Sources: Wikipedia - Google - Musée Niepce - Musée Daguerre - Tourte et Petitin - Documents internes Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

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